Six murs en stuc d’une sombre et profonde matérialité sont parsemés de points lumineux. Il s’agit des extrémités affleurantes d’une multitude de fibres optiques qui traversent le mur pour remonter la bâtiment jusqu’à la toiture.
A cette autre extrémité, le soleil tape librement sur la fibre selon les heures de la journée et selon la luminosité ambiante, sans nécessiter aucune autre technique. Ainsi la lumière naturelle est piégée dans la fibre, conduite au coeur du bâtiment, pour rejaillir dans l’espace et dans l’obscurité selon une composition toujours en mouvement.
On peut voir dans ce travail une sorte de défi et une réconciliation entre l’opacité de la pesanteur des murs et la clarté de la lumière: illégitime, cette lumière est une oeuvre contre nature. Car la lumière qui se dévoile dans le noir est naturelle, elle en a la couleur et la profondeur, d’une blancheur parfois bleutée en contraste absolu avec les lumières électriques.
Cette lumière vibrante, qui traverse la matière, se présente comme une infinité de points d’énergie, une infinité de possibilités de vie, rythmée par le vent au gré des saisons. Une lumière artificielle qui brave la matière et les épaisseurs, dont la source est le soleil.